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Glossaire M&A

LOI (lettre d'intention) en M&A : à quoi sert-elle dans une cession de PME ?

Équipe Trancessia·13 octobre 2026

Qu'est-ce qu'une LOI en M&A ?

La LOI (Letter of Intent), ou lettre d'intention, est un document par lequel un acquéreur potentiel expose, par écrit, les grandes lignes de l'offre qu'il est prêt à faire pour reprendre une entreprise. Elle intervient après les premiers échanges et la signature d'un accord de confidentialité, mais avant les audits approfondis et la rédaction du contrat de cession définitif.

On la rencontre aussi sous les noms de « protocole d'intention », « offre indicative » ou « term sheet ». Dans tous les cas, son rôle est le même : transformer un intérêt verbal en cadre de négociation clair.

À quoi sert-elle concrètement ?

Pour un dirigeant de PME marocaine, la LOI est souvent le premier document sérieux reçu d'un repreneur. Elle remplit plusieurs fonctions :

  • Vérifier le sérieux de l'acquéreur : un candidat qui accepte de mettre ses conditions par écrit s'engage davantage qu'un simple interlocuteur curieux.
  • Aligner les attentes sur le prix, la structure de l'opération et le calendrier, avant que chaque partie n'engage du temps et des frais.
  • Encadrer la phase de due diligence : l'acquéreur sait ce qu'il doit vérifier, le vendeur sait ce qu'il doit préparer.
  • Sécuriser le processus grâce à des clauses comme l'exclusivité ou la confidentialité.

Que contient une lettre d'intention ?

Son contenu varie selon la taille et la complexité de l'opération, mais on retrouve généralement les éléments suivants.

Les éléments économiques

  • Le périmètre de l'opération : cession de titres (parts sociales ou actions) ou cession de fonds de commerce, et part du capital concernée.
  • Un prix indicatif ou une fourchette, souvent exprimé sur une base « cash-free / debt-free » ; le prix définitif reste soumis aux résultats de l'audit.
  • Les modalités de paiement : paiement comptant, paiement échelonné, complément de prix (earn-out), financement bancaire éventuel.

Les éléments organisationnels

  • Les conditions suspensives : résultat satisfaisant de la due diligence, obtention du financement, accords de tiers (bailleur, banques, clients clés).
  • Le rôle du cédant après la vente : période d'accompagnement, transfert de savoir-faire, éventuelle clause de non-concurrence.
  • Le calendrier : durée de l'audit, date cible de signature et de réalisation.
  • La gestion des salariés et des personnes clés de l'entreprise.

Quelle est sa valeur juridique ?

C'est la question la plus importante. En pratique, une LOI est en grande partie non contraignante : elle n'oblige ni à vendre, ni à acheter aux conditions décrites. Certaines clauses, en revanche, peuvent être rédigées pour être juridiquement obligatoires :

  • la confidentialité ;
  • l'exclusivité : le vendeur s'interdit de négocier avec d'autres candidats pendant une durée déterminée ;
  • la prise en charge des frais de chaque partie ;
  • le droit applicable et le règlement des litiges.

La frontière entre clauses engageantes et non engageantes doit être écrite sans ambiguïté. Une rédaction floue peut créer des litiges, notamment en cas de rupture des négociations.

Les points de vigilance pour le vendeur

  • Ne pas se laisser éblouir par le prix affiché : comparez aussi les conditions (paiement différé, garanties demandées, conditions suspensives).
  • Limiter la durée de l'exclusivité : elle doit être suffisante pour mener l'audit, mais bornée dans le temps.
  • Vérifier les mécanismes d'ajustement du prix : une offre attractive peut être fortement révisée à la baisse après la due diligence si les critères ne sont pas précisés.
  • Préparer son dossier en amont : plus votre documentation est claire, moins l'acquéreur aura de raisons de renégocier.

Les points de vigilance pour l'acquéreur

  • Ne pas s'engager sur un prix sans avoir listé les hypothèses qui le fondent.
  • Prévoir l'accès aux informations nécessaires : comptabilité, contrats, situation sociale et fiscale.
  • Anticiper son plan de financement, car la banque exigera souvent des éléments de l'audit.

LOI, offre ferme, protocole : ne pas confondre

La LOI précède l'offre ferme, qui intervient après la due diligence, et le contrat de cession (ou protocole d'accord), qui est le document définitif, juridiquement engageant, comprenant notamment les garanties d'actif et de passif. Voir la LOI comme une étape intermédiaire évite de lui attribuer une portée qu'elle n'a pas, ou à l'inverse de la négliger.

Se faire accompagner

La rédaction et la négociation d'une LOI engagent la suite de l'opération : un prix mal cadré ou une exclusivité trop longue peuvent peser sur l'ensemble du processus. Chez Trancessia, nous accompagnons les cédants et les repreneurs dans la structuration de leur démarche, de la mise en relation jusqu'aux étapes de négociation, en lien avec leurs conseils juridiques et comptables.

Cet article a une vocation informative générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Il est recommandé de consulter un avocat avant toute décision.

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